Pistes cyclables express : les nouvelles infrastructures qui transforment le vélo dans les grandes villes françaises
Imaginez relier votre domicile à votre lieu de travail à 25 km/h, sans feu rouge, sans conflit avec les voitures, sur une piste large et continue. Ce n'est plus de la science-fiction dans plusieurs grandes villes françaises. C'est ce que promettent les Réseaux Express Vélo (REV), ces infrastructures conçues pour le déplacement quotidien de plusieurs kilomètres. Des autoroutes du vélo, en quelque sorte.
Avec un VAE, ces axes changent complètement l'équation du vélotaf : 15 km deviennent moins de 40 minutes par tous les temps. Un changement de paradigme dont on parle encore trop peu.
Écrit par : Juliette Brouwer | Publié le 03 Juillet 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Qu'est-ce qu'un réseau express vélo ?
Un REV est fondamentalement différent d'une piste cyclable classique. Là où une piste ordinaire peut s'interrompre au coin d'une rue, rétrécir entre deux voitures garées ou se transformer en zone de livraison au premier croisement, un REV garantit quatre choses :
✅ la continuité de l'itinéraire sur plusieurs kilomètres,
✅ une largeur suffisante pour se doubler sans danger (généralement 2,20 m minimum par sens),
✅ une séparation physique du trafic motorisé,
✅ et des intersections sécurisées.
Au-delà de la promesse de vitesse, le REV offre une certaine prévisibilité. Sur un REV, on sait combien de temps on mettra pour aller d’un point A à un point B. Et cette prévisibilité, absente dans les transports en commun bondés, est souvent ce qui convainc les derniers sceptiques de passer au vélotaf.
Les Pays-Bas et la Belgique ont montré la voie depuis des décennies avec leurs "fietssnelwegen". La France rattrape son retard, avec des résultats déjà très prometteurs dans plusieurs métropoles.
Pourquoi les REV changent particulièrement la donne pour les VAE
Avant les REV, rouler 15 km pour aller travailler à vélo était perçu comme une activité de sportif. La combinaison d'une route partagée avec les voitures, de feux rouges toutes les deux minutes et d'un bitume de qualité variable décourageait la grande majorité des cyclistes potentiels (peut-être encore plus que l’effort physique estimé).
Le VAE a levé l'obstacle de l'effort. Le REV lève celui de la complexité et de la sécurité. Ensemble, ils forment une combinaison redoutable. Un vélotafeur sur VTC électrique lancé à 25 km/h sur une piste continue et sécurisée n'est pas simplement plus rapide qu'avant, il est plus rapide que la voiture dans les agglomérations françaises aux heures de pointe (le stress et le stationnement en moins).
La part modale kilométrique du vélo pourrait passer de 3,3 % actuellement à 18 % avec les REV finalisés : une multiplication par six de l'usage du vélo. Pour les VTC électriques, les vélos urbains, les cargos familiaux et les speed bikes, ces infrastructures sont l'équivalent de l'ouverture d'une autoroute : elles rendent possible ce qui était théoriquement faisable mais complexe dans la pratique.
Bordeaux : le ReVE, l'un des réseaux les plus ambitieux de France
Bordeaux Métropole a lancé son Réseau Vélo Express (ReVE) avec une ambition claire : 275 kilomètres de pistes cyclables répartis sur 14 itinéraires, avec l'objectif d'atteindre 18 % de déplacements à vélo d'ici 2030.
Le projet avance concrètement. La ligne 2, entièrement située en extra-rocade, desservira les communes de Villenave d'Ornon, Gradignan, Pessac, Mérignac, Le Haillan, Eysines et Le Taillan-Médoc sur un itinéraire de 31 km. La ligne 3, avec 13,1 km réalisés entre 2023 et 2025, est quasi entièrement mise en service et permet déjà de relier Bordeaux à Parempuyre en site propre intégral.
Pour un vélotafeur entre Pessac ou Mérignac et le centre de Bordeaux, ces axes changent concrètement le temps de trajet et suppriment les conflits avec la circulation.
Strasbourg : la capitale française du vélo passe à la vitesse supérieure
Strasbourg est historiquement la ville française la plus avancée en matière d'infrastructure cyclable. Selon l'étude WWF/FUB/ADEME de 2026, Strasbourg arrive en tête avec 57 % de son REV réalisé (89 km sur 157 km prévus). Cette avance s'explique par un engagement politique qui remonte aux années 1990 : la ville a commencé à développer ses "Vélostras" structurants dès 2013.
Ce qui change avec le VAE, c’est que le bassin de déplacements s'élargit considérablement. Des communes de la première et deuxième couronne strasbourgeoise, jusqu'ici dépendantes de la voiture ou du tram, deviennent accessibles en 20 à 30 minutes à vélo électrique sur des axes sécurisés. La frontière allemande et son réseau cyclable dense ajoutent encore à ce potentiel.

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Les PCE pourraient devenir le meilleur argument pour acheter un VAE
Il y a dix ans, le principal argument pour acheter un vélo électrique, c'était la batterie et l'autonomie. Puis ce sont les moteurs qui ont progressé. Aujourd'hui, le facteur qui change le plus rapidement la réalité du vélotaf quotidien, ce ne sont pas les composants, mais les infrastructures.
Un VAE sur une piste cyclable express, c'est une proposition de mobilité complète : rapide, prévisible, économique, sans embouteillage et sans parking. C'est exactement ce que promettait la voiture électrique, mais à une fraction du coût, avec zéro problème de stationnement et des bénéfices santé en prime.
La fréquentation des aménagements cyclables a augmenté de près de 40 % depuis 2019 en France. Cette tendance n'est pas prête de s'inverser, et elle tirera avec elle la demande de VAE (VTC électriques, vélos urbains, cargos familiaux, speed bikes) pour les distances les plus longues.